Sublime " VICTOR HUGO

Sublime     "  VICTOR HUGO


J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline


L'île de Serk

J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.
Dans l'âpre escarpement qui sur le flot s'incline,
Que l'aigle connaît seul et peut seul approcher,
Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
L'ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
Je voyais, comme on dresse au lieu d'une victoire
Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
A l'endroit où s'était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
Des voiles s'enfuyaient, au loin diminuées ;
Quelques toits, s'éclairant au fond d'un entonnoir,
Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.
J'ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée.
Elle est pâle, et n'a pas de corolle embaumée.
Sa racine n'a pris sur la crête des monts
Que l'amère senteur des glauques goémons ;
Moi, j'ai dit : Pauvre fleur, du haut de cette cime,
Tu devais t'en aller dans cet immense abîme
Où l'algue et le nuage et les voiles s'en vont.
Va mourir sur un c½ur, abîme plus profond.
Fane-toi sur ce sein en qui palpite un monde.
Le ciel, qui te créa pour t'effeuiller dans l'onde,
Te fit pour l'océan, je te donne à l'amour. -
Le vent mêlait les flots ; il ne restait du jour
Qu'une vague lueur, lentement effacée.
Oh ! comme j'étais triste au fond de ma pensée
Tandis que je songeais, et que le gouffre noir
M'entrait dans l'âme avec tous les frissons du soir ! Île de Serk, août 1855



















1 Une lettre d'amour à Juliette
"J'ai cueilli pour toi cette fleur dans la dune. C'est une pensée sauvage qu'a arrosée plus d'une fois l'écume de l'océan. (.) Et puis, mon ange, j'ai tracé ton nom sur le sable : DIDI. (Diminutif de Léopoldine). La vague de la haute mer l'effacera cette nuit, mais ce que rien n'effacera, c'est l'amour que ton père a pour toi (.) ". Ce sont les termes d'une lettre que Victor Hugo adressa à sa fille âgée de 13 ans, le 3 septembre 1837. En écho à cette lettre, c'est un poème identique que Victor Hugo écrit ici, au retour de l'île de Serk, et qu'il adressera ensuite à Juliette accompagnée de cette fleur qu'il cueillit. La différence, ici, c'est que la fleur n'est plus cueillie sur une dune, un endroit familial où jouent les enfants mais sur une colline, un endroit isolé, abrupt, dangereux mais aussi plus intime. Le manuscrit est daté du 31 août 1852, soit 3 ans plus tôt que la date portée dans le recueil, 3 ans, le même délai que mit le poète avant de se rendre sur la tombe de sa fille Léopoldine, et qui amplifie l'écho de cet amour qu'il porte à sa maîtresse. La fleur symbolise l'amour éternel, l'enfant cueille des fleurs dans la nature pour les offrir à ses parents, l'amoureux offre des roses, on dépose des fleurs au cimetière sur la tombe des disparus qui vous ont été chers. Le poème a été écrit au retour de l'île de Serk, au nord de Jersey, juste à coté de Guernesey, c'est aussi l'île la plus solitaire et la plus fermée des îles anglo-normandes où il est exilé

# Posté le jeudi 05 novembre 2009 06:21

La vidéo du moment


GREEN DAY
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# Posté le jeudi 05 novembre 2009 06:10

Juste un ptit café !!!!

Juste un ptit café !!!!

BONJOUR MES AMIS(ES) , un moment de détente que j'apprécie , c'est bon
de partager un instant tout simple .
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# Posté le jeudi 05 novembre 2009 05:56

Pour ce dimanche de novembre

Pour ce dimanche de novembre









JUSTE UN SOURIRE



Si on laisse sortir de son c½ur,

Un sourire en douceur,

Il va éclairer un visage,

Peu nous importe l'âge,

Il s'infiltre, et inonde,

En de bienfaisantes ondes,

En face de nous cette personne,

Et dans son c½ur résonne,

Ce doux message discret.

A son tour il rayonne,

Un sourire qui nous satisfait,

Car tant de joie il nous donne.



Un sourire qui ouvre une porte,

Qui se referme ou qui t'emporte,

Vers une amitié devinée,

Vers un amour à ébaucher,

Par un regard si tendre,

Qui te trouble et peut te surprendre.



Un sourire pour donner confiance,

A celui qui n'a pas de chance,

A cet enfant si hésitant,

Pour l'aider à devenir grand,

Pour effacer cette tristesse,

La remplacer par la tendresse.



Un sourire qui brise des silences,

Repousse tant d'indifférence,

Dont le monde est défiguré,

S'il pouvait calmer, apaiser,

Sur son passage la violence,

Nous faire retrouver l'espérance.



Un sourire pour balayer,

Toutes les colères, toutes les discordes,

Que l'on voudrait bien oublier,

S'il pouvait remettre un peu d'ordre,

Dans toutes ces vies déchirées,

S'il pouvait vous réconcilier.



Un sourire pour tendre la main,

A celui qui n'a presque rien,

Faire avec lui un bout de chemin,

Pour l'aider à retrouver,

Dans l'impitoyable société,

Espoir, courage et dignité.



Un sourire qui réchauffe le c½ur,

Il apporte une vague de chaleur,

Est ce si difficile à donner ?

Si le monde pouvait l'adopter,

Quelle belle médecine ce serait,

Pour soigner notre humanité

# Posté le dimanche 01 novembre 2009 08:50